Sept challengers de cinq nations différentes se mesurent afin de sélectionner celui qui retrouvera le meilleur des trois defenders américains, eux-même opposés dans une nouvelle Compétition (la Citizen Cup). Sur le papier, on semble se diriger vers une répétition de l'America's Cup 1992 en baie de San Diego.

Il n'en sera rien et la Coupe 1995 restera sans doute comme celle de l'ultra domination du syndicat de Peter Blake et Russel Coutts. Une seule véritable défaite durant toute la compétition et un 5 à 0 sans appel dans les régates de la Coupe qui l'oppose au Team Dennis Conner (qui a entre temps réussit à mettre la main sur le bateau de l'un de ses concurrents américains).
SAN DIEGO
YACHT CLUB
Gagne le doit d'être Defender et l'America (4-1)
Bateaux
USA-34 puis USA-36
Budget
20 M$
Leader
Bill Koch
Skipper
Buddy Meles
Barreurs
Dave Dellebaugh
Tacticien
Tom Whidden
Navigateur
Jim Brady
Designer
Dave Pedrick
 
SAN DIEGO
YACHT CLUB
Second au terme de la Citizen Cup
Bateaux
USA-36
Budget
20 M$
Leader
John Marsall
Skipper
Kevin Mahaney
Tacticien
John Kostecki, Ken Read
Navigateur
Robert Hopkins
Designer
Bruce Nelson
 
SAN DIEGO
YACHT CLUB
Dernier defender au terme de la Citizen Cup
Bateaux
USA-23, USA-28, USA-43
Budget
20 M$
Leader
William I. "Bill" Koch
Skipper
Leslie Egnot, Dawn Riley
Tacticien
Jennifer "JJ" Isler, Leslie Egnot
Navigateur
C. Becker-Dey, Annie Nelsonn
Designers
America3
 
 
CHALLENGERS
RNZYS - AUCKLAND
Gagne la LVC (5-3) mais perd l'America (4-1)
Bateaux
NZL-32, NZL-38
Budget
20 M$
Leader
Raul Gardini
Skipper
Paul Cayard
Tacticien
Enrici Chieffi
Navigateur
Robert Hopkins
Designers
German Frers
 
RNZYS - AUCKLAND
Perd la finale de la LVC (5-3)
Bateaux
NZL-32, NZL-38
Budget
20 M$
Leader
Peter Blake / Mickael Fay
Skippers
Rod Davis / Russel Coutts
Tacticiens
Mike Quilker / Brad Butterworth
Navigateurs
Dave Barnes / Tom Schnackenberg
Designers
Clay Oliver, Laurie Davidson
 
YACHT CLUB
DE SETE
3ème au terme des semi-finales
Bateaux
FRA-37, FRA-33
Budget
186 MF
Leader
Thierry Chappet
Skipper
Marc Pajot
Barreurs
M. Pajot, François Brenac
Tacticiens
Bertrand Pacé, Marc Bouët
Designers
Philippe Briand / Ph. Pallu de la Barrière
 
NIPPON YACHT CLUB
4ème au terme des semi-finales
Bateau
JPN-30, JPN-41
Budget
40 M$
Leader
Tatsumitsu Yamasaki
Skipper
Chris Dickson
Tacticien
John Cutler
Navigateur
Erle Williams
Designers
Nippon DesignTeam
 
MRCY BAIONA /
RCN VALENCIA
5ème au terme des RR, il est éliminé
Bateau
ESP-42
Budget
12 M$
Leader
Miguel Aguiló
Skipper
Pedro Campos
Tacticien
Alejandro Abascal
Navigateur
Juan Vila
Designers
Joaquin Coello
 
AUSTRALIAN YACHT CLUB
6ème au terme des RR, il est éliminé
Bateaux
AUS-29, AUS-31 (2 IACC 95)
Budget
???
Leader
Ian Murray
Skipper
Syd Fischer
Barreurs
Chris Law puis Neville Wittey puis Colin Beashel
Tacticien
Michael Coxon
Navigateur
Syd Fischer
Designers
Ian Murray
 
MRCY BAIONA /
RCN VALENCIA
7ème au terme des RR, il est éliminé
Bateau
ESP-42
Budget
12 M$
Leader
Miguel Aguiló
Skipper
Pedro Campos
Tacticien
Alejandro Abascal
Navigateur
Juan Vila
Designers
Joaquin Coello
 
AUSTRALIAN YACHT CLUB
8ème au terme des RR, il est éliminé
Bateaux
AUS-29, AUS-31 (2 IACC 95)
Budget
???
Leader
Syd Fischer
Skipper
Syd Fischer
Barreurs
Chris Law puis Neville Wittey puis Colin Beashel
Tacticien
Michael Coxon
Navigateur
Syd Fischer
Designers
Fluid Thinking
 
 
LES ABSENTS
LE DEFI FRANCE
YACHT CLUB D'ANTIBES
Renonce le 16 dec. 1994 (voir AC1995)
Bateau
FRA-40
Leader
Jacques Dewailly
Skipper
Marc Bouet
Designers
Finot/Andrieu/Nivelt/Kermarec
 
AGE OF RUSSIA
St. PETERSBURG
YACHT CLUB
Jamais parvenu à réunir les droits d'entrée
Bateau
RUS-01 (ex ITA-01)
Leader
Vladimir Kulbida
Skipper
Sergei Borodinov
Tacticien
Sergei Kravtsov
Navigateur
Nikolai Shalunov
 ROUND ROBIN 1 (11 - 22 janvier 1995)


Du côté des Challengers, le décor est planté dès la première série de régates et, dans une large mesure, il est annonciateur de la suite de la Coupe.

Un trio de tête où l'on retrouve les deux équipages néo-zélandais (à noter que le TNZ termine invaincu, à peine inquiété sur quelques départs) et l'équipe de John Bertrand, One Australia.

Deux équipes dont le début de compétition est plus difficile à savoir les équipes française (Marc Pajot indique que le FRA-33, abîmé lors d'une chute, devrait très vite être remplacé par le nouveau FRA-37 beaucoup plus performant) et japonaises.

Deux équipes très manifestement en dessous du lot que sont les australiens de Sydney '95 (au sein de laquelle Chris Law est débarqué sans ménagement) et les espagnols.

Du côté des defenders, ce sont les équipiers de Young America qui domine la sélection, n'ayant enregistré qu'une seule défaite face à ses deux concurrents (contre cinq victoires). A l'autre extremité, on retrouve l'équipage féminin qui, après une victoire dans sa première régate (contre Dennis Conner), accumule les contre-performances.

 
 
 ROUND ROBIN 2 (29 janvier - 7 février 1995)

Du côté des challengers, pas de véritable bouleversement dans cette seconde manche qui voit la hiérarchie du premier Round Robin respectée.

A noter dans le trio de tête que le Team New Zealand, invaincu dans la baie de San Diego enregistre sa première défaite sur le tapis vert (pour une sombre histoire d'équipier monté en haut du mât) et que John Bertrand, le skipper du One Australia, rejoint Bruno Troublé dans le club très fermé des skippers de l'America's Cup tombés à la mer au cours d'une régate.

Doté d'un nouveau bateau, l'équipage français semble avoir enfin trouvé ses marques (trois victoires contre une seule dans le RR précédent) et reste à la lutte avec le Nippon Challenge pour la quatrième place qualificative pour les semi-finales. Les espagnols et Sydney '95 restent en fond de classement (le premier n'ayant pas enregistré la moindre victoire !).

La seconde manche aura sans conteste été celle du tapis vert puisque, outre la surprenante décision prise à l'encontre du TNZ, on notera que les français ont déposé un recours contre Sydney '95 (Neville Whittey, avant de reprendre la barre du bateau australien avait pu inspecter le camp français dans son ancien rôle d'arbitre), une requête est déposée contre les japonais accusés, du fait de travaux trop importants sur l'un de leurs IACC, d'avoir violé la règle des deux bateaux autorisés.

Pour l'anecdote, on se souviendra que la quatrième journée a été interrompue du fait de l'arrivée impromptue d'un des porte-avions géant de l'US Navy (le Thomas Jefferson) au beau milieu du champ de course.

Du côté des defenders également, le second Round Robin ressemble de près à son prédécesseur avec un Young America dominateur (qui se permet même de gagner une régate avec un "équipage bis") et un America3 à la traîne.

 
 
 ROUND ROBIN 3 (15 - 23 février 1995)
Après les rounds d'entraînement, les choses sérieuses commencent avec des régates à quatre points (contre 1 et 2 auparavant).

Concernant la sélection des challengers, le trio qui domine cette Louis Vuitton Cup depuis le départ (Team NZ/Tag Heuer/One Australia) semble assuré de sa présence au second tour de la compétition. On notera que le Team NZ reste invaincu (si on écarte la douteuse disqualification du second RR) et que One Australia étrenne (avec un certain succès) son tout nouveau AUS-35. Sydney '95 et les espagnols semblent définitivement hors course.

La véritable compétition concerne les deux syndicats japonais et français, à la lutte pour la dernière place qualificative. Si l'équipage de Makoto Namba et de John Cutler semble relativement stable, les choses sont bien différentes en ce qui concerne le Défi qui perd FRA-33 après un chavirage au beau milieu d'une séance d'entrainement. On notera également quelques allers-retours pour les places de barreur (Marc Pajot reprenant la barre à François Brennac avant de lui restituer, Thierry Peponnet remplaçant bertrand Pacé à la tactique). En fin de round, les japonais conservent un avantage de trois petits points.

Du côté des defenders, America3 (qui utilise toujours le USA-23 de 1992) est définitivement décroché tandis que les deux autres syndicats américains sont à égalité de points.
 
 
 SEMI-FINALES (18 - 31 mars 1995)
Très vite dans ces semi-finales, il est clair que le match se joue entre les néà-zélandais, les italiens et les français. L'équipage néo-zélandais du challenger japonais est en effet manifestement surclassé.

Trois syndicats donc pour deux places en finale et cet état de fait conduit à des duels d'une rare intensité, mettant progressivement face-à face le Ville de Paris et le Il Moro di Venezia. Le New Zealand a de son côté fait le trou et est rapidement assuré de se retrouvé en finale.

Entre les deux candidats à la place restante, la régate charnière aura sans aucun doute été celle du mardi 7 avril où les deux équipages se retrouvent pour la seconde fois. Souvenir amer pour les français puisque les italiens, après avoir bénéficier d'une très grande mansuétude de la part du comité concernant un problème de grand-voile (45 minutes pour réparer, le délai maximum), se voient généreusement accorder une seconde chance après un départ perdu.

Démoralisés par cette succession de revers, les français n'y sont plus et laisse échapper cette victoire qui leur manquera au terme des 10 jours de semi-finale.

Au final, les néo-zélandais termine devant avec 7 points et les italiens sont seconds avec 5 points, à un petit point des français qui ne seront jamais passés aussi prêts de la sélection en sept participations.
 
 
 FINALES (11 - 21 avril 1995)
Les premières régates de la finale tournent très nettement à l'avantage des néo-zélandais. Un mauvais choix de voile leur fait perdre la première régate et s'ils remportent la suivante (d'une toute petite seconde), ils se laissent rapidement distancés à 3-1. Raul Gardini met sérieusement en doute son équipage en déclarant publiquement que "bien mené, Il Moro est le meilleur bateau".

Mais, et c'est sans aucun doute le tournant de cette finale de la LVC, les italiens parviennent à faire annuler la troisième victoire kiwi sur une assez peu sportive réclamation à propos du fameux bout-dehors du NZL-20.

Revenus de cette dangereuse situation où ils se trouvaient à un point de la défaite, les italiens sont plus mordants que jamais. Dans le camp néo-zed, c'est au contraire l'explosion. Miné par une lutte interne entre les pro Rod Davis et les partisants de Russel Coutts (ce dernier, refusant un "simple" poste de tacticien, a été débarqué), le Team New Zealand '92 est mis à terre par cette décision.

Malgré le retour du tandem Coutts/Burreworth en lieu et place de celui formé par Rod Davis et Davis Barnes, débarqués sans ménagement, le coeur n'y est plus et les italiens s'adjugent successivement les quatres régates restantes. Ils rencontreront le Defender.
 
 
 AMERICA'S CUP (06 - 13 mai 1995)

Malgré le changement de bateau, le Team Dennis Conner ne parviendra pas à mettre en échec la belle mécanique néo-zélandaise. Un 5 à 0 sans appel et le peu glorieux record du plus grand delta enregistré dans l'America's Cup depuis les débuts en 1871.